La situation actuelle au Canada

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Depuis le début des années 1990, l'organisme Childcare Resource and Research Unit (CRRU) recueille des données sur l'éducation à la petite enfance et la garde d'enfants au Canada. Au fil des ans, l'organisme a publié ses résultats de recherche à intervalles réguliers. Chacun de ses rapports présente un aperçu de l'évolution de l'éducation à la petite enfance et de la garde d'enfants sur les plans politiques et administratifs, ainsi que des renseignements détaillés sur l'éducation à la petite enfance dans chaque province et territoire. Ces publications sont disponibles en ligne (en anglais seulement). Consultez le dernier rapport détaillé sur la situation de l'éducation à la petite enfance et la garde d'enfants au Canada, publié en 2009 (en anglais seulement).

Tendances

Voici un résumé des plus récentes tendances observées par le CRRU et décrites dans son rapport intitulé The state of early childhood education and care in Canada 2010: Trends and analysis. La bibliographie et les sources figurent dans le rapport complet.

La croissance du nombre de places en garderie ne cesse de ralentir.
Au Canada, le nombre de places dans les services de garde réglementés connaît une croissance modeste. Depuis 2004 cependant, cette croissance est à la baisse. Et depuis 2001, la hausse la plus faible a été observée entre 2008 et 2010. Au fil des ans, le pourcentage d'enfants qui bénéficient d'une place en garderie a quelque peu augmenté, mais les places disponibles sont loin de suffire à la demande. À preuve, en 2010, le nombre de places disponibles ne permettait d'accueillir que 21,8 % des enfants âgés de 0 à 5 ans, et 19,9 % des enfants âgés de 0 à 12 ans. Toutefois, les données du recensement de 2011 indiquent que le nombre de places réservées aux enfants âgés de 0 à 4 ans connaît la hausse la plus forte des 50 dernières années (11 % depuis 2006). 

Depuis 2006, le gouvernement fédéral n'a pas augmenté le montant qu'il verse aux programmes d'éducation à la petite enfance destinés aux Autochtones. 
Le financement que le gouvernement fédéral accorde aux programmes d'éducation à la petite enfance destinés aux Autochtones n'a pratiquement pas changé depuis 2006, et il a même diminué en 2008 et 2009. Toutefois, dans certaines régions, le nombre de garderies situées dans les réserves a connu une forte hausse.

On constate une certaine amélioration des conditions de travail des éducateurs et éducatrices.
Les données disponibles indiquent une amélioration des salaires versés aux éducateurs et éducatrices à la petite enfance dans quelques provinces et territoires. À présent, neuf provinces et territoires imposent des exigences de formation initiale aux responsables des services de garde en milieu familial réglementés. 

Le financement public accordé à la garde d'enfants augmente, mais à petits pas.
Selon les données de l'OCDE publiées en 2006, sur les 14 pays les plus riches, le Canada est celui qui accorde la plus faible part au financement de l'éducation à la petite enfance (services de garde réglementés et maternelle). En dépit de ce constat de l'OCDE, le Canada n'a augmenté que modestement le financement de l'éducation à la petite enfance. Cette situation permet sans doute d'expliquer pourquoi, au Canada, le nombre de places en garderie est si faible, et les frais de garde, si élevés. L'augmentation du financement public de l'éducation à la petite enfance n'est pas constante. Même la hausse la plus « forte » s'est avérée trop limitée et n'a pas non plus été assez soutenue pour donner lieu à une amélioration marquée de l'accessibilité des services de garde. 

Les frais de garde sont souvent plus élevés que les frais de scolarité à l'université.
Au Canada, la première position quant aux frais de garde les moins élevés revient au Québec, où une place en garderie réglementée coûte 154 $ par mois par enfant, pour tous les groupes d'âge. La deuxième position revient au Manitoba, qui fixe le montant maximal des frais de garde, et où une place en garderie réglementée coûte 414 $ par mois pour un enfant de deux ans. Ailleurs au pays, les frais de garde médians peuvent s'élever à 850 $ par mois. Dans un certain nombre de provinces et territoires, les programmes de subvention ne permettent pas aux parents à faible revenu qui y sont admissibles d'accéder à des services de garde parce que les coûts demeurent trop élevés. Dans certaines régions du Canada, le nombre d'enfants qui occupent des places subventionnées a peu augmenté, et, dans certains cas, ce nombre a même diminué. Résultat : le nombre de familles à qui les subventions de frais de garde viennent en aide n'a presque pas bougé.

Le nombre de garderies privées augmente davantage que celui des garderies à but non lucratif.
Depuis le début, la question de la propriété en matière de garde d'enfants représente la pierre d'achoppement de l'éducation à la petite enfance. Les données indiquent que, à l'échelle du pays, les garderies privées sont plus nombreuses que les garderies à but non lucratif. Cette tendance, d'abord observée en 2004, s'est accrue entre 2008 et 2010. Les places en garderies privées occupaient 28 % du marché en 2010, soit une hausse substantielle par rapport à 2004, où elles occupaient alors 20 % du marché. Entre 2008 et 2010, les garderies privées ont une fois de plus occupé le premier rang, accaparant plus des deux tiers de la croissance dans six provinces et territoires. 

L'intégration de l'éducation à la petite enfance et des services de garde se fait à petits pas.
Sept provinces et territoires ont regroupé la garde d'enfants et la maternelle au sein du même ministère; six provinces offrent la maternelle à plein temps, et sept se sont dotées d'un programme-cadre destiné aux garderies. 

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